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Bonjour Monsieur le Maire. A l’heure à laquelle nous réalisons cet entretien, l’automne et le mois d’octobre sont déjà bien entamés. Pour autant, revenons sur la rentrée de septembre à Villepreux. Quels en furent les enjeux ?
Si vous me le permettez, j’aimerais également revenir sur l’été que nous avons vécu. La Mairie de Villepreux s’est jointe à l’élan de solidarité qui s’est exprimé à l’endroit des communes sinistrées par les incendies. Je profite de cette occasion pour saluer le courage des pompiers de Villepreux partis prêter main forte à leurs collègues pour combattre les feux. La Gironde, le Var, et plus près de nous encore, Fontainebleau, viennent nous rappeler que face au réchauffement climatique, aucun territoire ne saurait être invulnérable et protégé. Cette réalité là, Villepreux, l’a déjà parfaitement intégrée. Depuis 2020 nous n’avons eu de cesse d’agir en faveur d’une transition écologique ambitieuse, responsable et fondée sur la réalité et les solutions du terrain. En 2025, nous avions aussi présenté notre Stratégie locale d’adaptation changement climatique (SLACC). L’adaptation ne doit plus être une vue de l’esprit ou une incantation, elle doit se traduire par des mesures concrètes. Et c’est précisément ce que nous avons fait en prévision de la rentrée des classes. Nous avons œuvré tout l’été pour installer les premiers brasseurs d’air dans les classes, ainsi que les premières salles climatisées dans nos écoles et crèches. La seconde phase de déploiement se fera à la Toussaint. L’objectif est d’être prêts à affronter les prochaines vagues de chaleur dont nous savons déjà qu’elles seront plus fréquentes, plus longues et plus intenses. Nous avons su mobiliser en un temps record le soutien financier de la Région et d’EDF pour l’achat de ce matériel. A côté de nos enfants, nous avons aussi veillé sur nos aînés, grâce à l’action du CCAS et de bénévoles. Appels, visites à domicile, salles climatisées ouvertes … Nous ne les oublions pas.
L’adaptation c’est aussi la poursuite des projets de végétalisation et renaturation. Dans les écoles et au cœur de l’espace public. L’adaptation c’est aussi un pilotage pointu de nos ressources, l’eau en premier lieu. L’adaptation, c’est savoir identifier les vulnérabilités de notre territoire et bâtir un plan de prévention des risques. L’adaptation, enfin, c’est la résilience. Je sais que ce terme devient galvaudé, mais je crois qu’en matière climatique, il tient encore tout son sens. La soirée de la résilience proposée le 13 octobre dernier a permis de sensibiliser les Villepreusiens à ces enjeux.
L’adaptation de notre Ville, de ses bâtiments, de ses espaces publics, réseaux et équipements irrigue l’action de la municipalité. Ne perdons pas de vue que derrière tout cela, il y a l’Humain et la question de fond suivante : comment vivre dans un monde à +2 ou 4 °C ? Cette adaptation, devenue vitale, nécessitera des investissements. Pour autant, chaque euro dépensé doit avoir un impact réel. Je ne suis pas de ceux qui pensent que toute dépense « verte » est bonne par nature. Nous devons rechercher l’efficience, comme pour toutes nos politiques publiques. Je vois la « dette grise » que nos prédécesseurs nous ont laissée depuis des décennies. Celle des réseaux enfouis. Personne n’y pense, car ils ne se voient pas. Et pourtant, les réseaux d’assainissement et d’eau potable devront, pour certains, être restaurés. Ce sera long, coûteux, peu visible, mais ô combien nécessaire. Avec les risques de retraits et de gonflements d’argiles, ils seront rendus plus vulnérables. Quant aux énergies renouvelables, nous poursuivons leur déploiement, mais notre commune se prête mal aux projets d’ampleur. La géothermie profonde, par exemple, n’aura de sens pour Villepreux que si elle est intégrée à un périmètre intercommunal.
Quels autres défis ou enjeux sont venus rythmer cette rentrée ?
La transition démographique, et plus précisément la baisse de la natalité. Depuis 3 ans elle se fait sentir. Nous avons 55 enfants de moins dans nos écoles en septembre que lors de la rentrée 2025. On pourrait se dire que c’est une aubaine, avec des classes aux effectifs plus faibles. Ce n’est pas le cas. L’Académie a fermé une classe de maternelle. De même, on voit bien que les projections sur le secondaire (collège et lycée) vont vers une baisse des effectifs. Aujourd’hui, il n’est plus question pour personne de penser à une quelconque extension de ces établissements par le Département ou la Région. Pour la Ville, cela nous oblige à adapter progressivement nos services à cette nouvelle réalité, avec des conséquences concrètes sur leur fréquentation, notamment pour les activités périscolaires et la restauration scolaire, et donc, à terme, sur les recettes qui en découlent.
De surcroit, nous assistons depuis plusieurs années à une recrudescence du nombre d’enfants porteurs de troubles ou handicaps. Certains attendent une place en IME, d’autres l’accompagnement d’une AESH (aide en milieu scolaire). Nous sommes mobilisés avec les directeurs et les parents, mais aussi avec notre députée et l’inspectrice de l’éducation nationale pour que ces enfants bénéficient de conditions adaptées à leur situation. Nous avons mis en place un parcours pour ces enfants sur les temps périscolaires, les seuls du ressort de la mairie.
En parlant du périscolaire, recruter des animateurs qui s’inscrivent dans la durée n’est pas chose aisée. D’autant plus que nous avons un processus de recrutement exigeant, comme pour tout métier ayant un rapport à l’enfant. Mais je suis optimiste, nos équipes seront complètes. Et nous savons pouvoir compter sur des animateurs professionnels et dynamiques !
Autrement, nous avons aussi dû gérer la fermeture de la piscine intercommunale des Clayes-sous-Bois pour cause de travaux. Grâce à un très beau travail d’équipe (SQY, mairie, associations, villes voisines, …) les clubs nautiques et de plongée de Villepreux ont pu être repositionnés et bénéficieront d’un soutien financier exceptionnel de la commune cette saison. La municipalité a également réussi à repositionner les cours de natation « Savoir Nager » de tous nos CP dans le bassin d’apprentissage de Noisy. Cela demande un effort budgétaire pour la Ville, mais il est nécessaire. Villepreux est la seule des 3 communes impactées par cette fermeture à être parvenue à trouver des solutions pour ses scolaires.
De son côté, le forum de la vie associative s’est parfaitement déroulé, avec un tissu local toujours aussi dynamique et des clubs qui font le plein d’adhérents. Nous organiserons courant 2027 un « bénévoles dating », car le renouvellement des forces vives au sein des bureaux est un enjeu qui préoccupe certaines associations dont les membres actifs de longue date n’ont pas toujours de relève.
Enfin, la ville n’a eu de cesse d’être animée chaque week-end depuis septembre : spectacle de feu, Fête de l’été et son village d’animations, Color Run, théâtre, comédies musicales, et dernièrement la Villepreusienne qui a rencontré un succès inédit avec 1 200 marcheurs et coureurs, petits et grands. Je cite ces moments de rassemblements familiaux et festifs parmi les enjeux, car cela suppose un gros travail de préparation et d’organisation en amont par les équipes que je remercie !
Vous avez aussi lancé une consultation jeunesse à destination des 14-20 ans ? Quel en est l’objectif ?
Les écouter et leur donner la possibilité de s’exprimer. Bâtir une politique jeunesse digne de ce nom pour cette tranche d’âge n’est pas simple, car nous avons une jeunesse très mobile, qui étudie, bouge, consomme et s’épanouit surtout aux alentours de Villepreux. Les adultes, et parents, doivent accepter que ce que nous pensons parfois idéal pour les jeunes n’est pas toujours en adéquation avec leurs attentes et besoins. Nous les consultons. Nous restituerons les résultats et enseignements de cette enquête avec eux. La seconde étape consistera à approfondir les sujets et thématiques de leurs choix en ateliers de travail. La troisième étape permettra, nous l’espérons, de définir des orientations et des priorités d’action. C’est une démarche inédite à Villepreux.
La rentrée fut aussi l’occasion pour la Ville d’accentuer son engagement en faveur de la sécurité et de la tranquillité des habitants ?
Oui le CLSPD (p.7) s’est de nouveau réuni pour faire le point. J’ai pour habitude de dire que ce n’est pas parce que Villepreux est la commune la plus sûre et la plus calme de la circonscription qu’il faudrait baisser la garde. Au contraire ! Nous devons préserver ce cadre de vie. Nous avons installé récemment de nouvelles caméras au Village. D’autres suivront. Chaque année nous investissons dans le parc de vidéoprotection. J’ajoute que nous aurons désormais la présence de la Police nationale à nos côtés pour toutes les réunions Agora dans les quartiers, pour sensibiliser et accentuer la prévention. Dans cette même logique, la Police municipale lancera l’opération « Café Police Population », pour venir ponctuellement à la rencontre des Villepreusiens dans tous nos quartiers.
Nous vous savons très attentif à la question des finances locales. Quand on observe le contexte international, économique et politique, doit-on craindre pour Villepreux ?
Le coût de l’énergie, l’inflation, les échéances électorales du printemps et bien d’autres éléments sont autant d’inconnues qui font peser sur la commune une incertitude notoire sur notre trajectoire financière. De plus, le Projet de loi de finances 2027, désormais connu, confirme que les collectivités seront de nouveau mises à contribution par l’État, dans une proportion encore plus importante que ce que nous avons connu sur les derniers exercices. Cela afin d’espérer ramener le déficit à 5% du PIB. Ce sont près de 7 milliards d’euros d’effort supplémentaires qui nous serons demandés en 2027. Cette tendance constante à pressuriser les collectivités ne peut plus être considérée comme un phénomène conjoncturel. Cette contrainte devient structurelle et nous devons donc composer avec, et considérer que « les incertitudes » d’aujourd’hui ne déboucheront pas sur de « bonnes nouvelles » demain, au contraire. De ce fait, notre responsabilité d’élus est double : gérer le présent et préparer l’avenir. Nous construisons le projet de budget 2027 sur la base de plusieurs scénarios. Adaptation et agilité seront nécessaires. Comme d’habitude, le budget de la ville sera présenté en réunion publique après son adoption en avril prochain.
Un mot sur la politique nationale et l’élection présidentielle ?
Les échéances présidentielles passées montrent que la configuration politique du mois d’octobre est bien éloignée de celle de février, moment où les choses se cristallisent réellement. Je vois bien la course des petits chevaux qui a commencé. Je vois moins le projet que les candidats – nombreux – souhaitent porter pour le pays, et encore moins pour les collectivités ! En qualité de maire, j’aurai un parrainage à donner. Ce n’est pas mon parrainage qui fera la différence, mais je considère que c’est une responsabilité qui m’est confiée. Je sais qui je ne soutiendrai pas ! En revanche, j’aurais beaucoup de mal à soutenir un candidat si les conditions du rassemblement ne sont pas réunies. J’attends de nos responsables qu’ils mettent un peu leur égo de côté pour l’intérêt du pays, et qu’ils portent un double message : celui de la vérité de la situation, et un message d’espoir.



