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Mots du Maire
 

Discours 2019

Commémoration du 19 mars - 19 mars 2019

 

Comme il y a 6 ans, j’entre avec vous, dans une période un peu particulière, celle de l’année précédant les élections municipales, celle aussi peut-être des dernières fois.

Il y aura par la suite les commémorations de la fin de la seconde et de la première guerres mondiales, les 8 mai et 11 novembre prochains.

Il y aura également la présentation des vœux de l’équipe municipale en janvier 2020.

Il y aura aussi toutes mes prises de parole lors de nos événements, nos cérémonies et nos rencontres au cours de l’année.

Quoiqu’il arrive, je me souviendrai longtemps de tous ces moments forts que j’aurai vécus en 12 ans de mandat et notamment auprès de vous.

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Nous voilà donc le 19 mars 2019 et ce moment est particulier en effet. Il sera peut-être la dernière fois que j’évoquerai officiellement la signature des Accords d’Evian.

J’aurais eu encore tellement de choses à vous dire.

Ces dernières fois sont d’autant plus importantes qu’au cours de ces 12 années, j’aurai écrit l’intégralité des allocutions que j’ai eu l’honneur de prononcer devant vous et au-delà devant tous les Villepreusiens.

Ces allocutions ne sont pas des mots mis bout-à-bout, des phrases s’enchainant les unes aux autres ou des discours écrits trop rapidement.

Elles sont ce que je ressens réellement au plus profond de moi. Elles me ressemblent en réalité. Elles permettent peut-être également de savoir qui je suis tout simplement.

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Au cours de votre vie, si vous aviez pu savoir avant de vivre un instant, un moment, une rencontre, qu’il s’agissait peut-être d’une dernière fois, auriez-vous agi de la même façon ou auriez-vous fait différemment ?

C’est ce j’ai vécu en préparant cette allocution, en réfléchissant à ce que je voulais vous dire, ce que voulais que vous reteniez, si ce matin était le dernier.

J’ai donc préparé ces mots avec la même application que lorsque j’avais 39 ans.

Et je ne voulais rien oublier, je voulais tout raconter et je savais déjà que cela ne serait pas possible.

Mais je suis donc prêt ce matin à vous lire ce qui sera peut-être ma dernière fois.

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Je voulais rappeler que je suis devant vous car, le 29 novembre 2012, une loi voulue par Nicolas Sarkozy fut votée pour reconnaître le 19 mars 1962 comme journée nationale du souvenir, celle pour la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats de Tunisie et du Maroc.

Je voulais réaffirmer que cette date, marquant le début du processus de paix fut défendue par la FNACA sur le plan national et soutenue par vous-même au niveau local. Elle a donc été toujours été la mienne.

Je voulais dire qu’il est n’est raisonnable d’opposer le 19 mars au 5 décembre, date d’hommage fixée par le décret de 2003 pour les combattants d’Afrique du Nord car l’important n’est pas la date mais de prendre le temps, de s’arrêter quelques minutes, de ne pas oublier et de saluer ceux qui se sont battus.

Je voulais rappeler que les combats continuèrent malgré tout après l’accord et entrainèrent la mort de plusieurs milliers de jeunes soldats. Ils étaient à vos côtés durant les combats et resteront vos frères d'armes, ceux que nous sommes fiers d’honorer une nouvelle fois ce matin.

Je voulais saluer Claude Bertin, mon frère d’arme, celui qui a soutenu à mes côtés la nécessité de préserver ce moment de recueillement. Cher Claude, tu garderas toujours une place si importante auprès de moi.

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Je devais une nouvelle fois parler de mon père, celui qui est été présent près de moi chaque matin du 19 mars.

Mon père mort il y a déjà 24 ans et à qui je n’ai jamais eu l’envie de dire que j’étais fier de lui.

Je n’ai jamais pris le temps de l’écouter lorsqu’il évoquait ce qu’il avait vécu. Je l’entendais certes mais trop jeune, je ne voulais pas l’écouter réellement.

C’est peut-être pour cela que depuis 11 ans maintenant, je souhaite corriger cette erreur et mettre à l’honneur chaque mort de ce conflit, chaque combattant et chacun d’entre vous.

Je voulais rappeler ce bilan que beaucoup ont voulu gommer.

On dénombra 27.000 tués, 65.000 blessés et des centaines de disparus du côté des militaires français.

On compta 152.000 tués dans les rangs du FLN pour 500.000 morts algériens civils et combattants.

Et puis, les millions de personnes déplacées, 300.000 orphelins, 400.000 détenus, 300.000 réfugiés au Maroc ou en Tunisie.

Et puis les atrocités commises dans les deux camps, les tortures que certains n’hésitaient pas à pratiquer et toutes ces choses qui ne devraient jamais exister mais qui sont la réalité de toute véritable guerre.

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Je voulais évoquer évidemment l’année 1999 et le vote à l’unanimité par l’Assemblée Nationale et le Sénat de « guerre d’Algérie » comme nom officiel de ce conflit.

Je voulais citer Jacques Floch, rapporteur de la loi, clamant à la tribune : « Enfants pendant la Seconde Guerre mondiale, jeunes gens mobilisés en Algérie, nous avions tous un compte à régler avec la guerre.».

Je voulais rappeler Georges Colombier déclarant : « Un quart de siècle s'est écoulé sans que les sacrifices consentis par nos soldats dans ce conflit aient été pleinement reconnus. »

Je voulais terminer par Martine David affirmant : « Nous décidons de redonner aux anciens combattants l'honneur et la dignité que l'histoire leur avait pris

Ces mots marquèrent sûrement le début de la reconnaissance de votre engagement pour la France et estompèrent peut-être les douleurs qui furent les vôtres.

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Je voulais rappeler les cicatrices encore présentes et que ne permettent encore pas de réconcilier les peuples d’Algérie et de France et de tourner enfin et définitivement la page pour en écrire enfin une nouvelle commune.

Je voulais évoquer la nécessité de renforcer nos liens avec l’Afrique du Nord pour réfléchir à la construction d’une véritable coopération sans ressentiment ni rancœur.

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Je voulais dire aussi à ceux qui n’ont jamais été présents lors de ces cérémonies qu’il est primordial de continuer de transmettre aux plus jeunes l’histoire de cette guerre, l’histoire de nos soldats, l’histoire de chacun.

Je voulais rappeler à ces ignorants, à ces bien-pensants, à ceux qui refusent de comprendre, vos souffrances et vos doutes.

Je voulais leur demander d’écouter simplement vos souvenirs, de ne rien juger mais de les accepter.

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Messieurs, nous y sommes maintenant, c’est bien la fin de mon allocution concernant la signature des Accords d’Evian de mon second mandat.

Je voulais terminer en parlant encore une fois de vous tout simplement.

Chacune de vos Histoires, réunies les unes aux autres forment toutes et simplement en ce matin du 19 mars 2013, une partie de notre Histoire, une partie de l’Histoire de France. Ne l’oubliez, ne l’oublions jamais.

En 11 ans, du haut de mes 50 ans et même si je n’avais jamais connu directement un conflit ou une guerre, qu’ils s’agissent du 11 novembre, du 8 mai ou du 19 mars, je ressens toujours la même émotion.

Et comme je l’avais fait, le 19 mars 2009, je terminerai par les mêmes mots en ce 19 mars 2019. N’étaient-ils, pas quand on y réfléchit, les plus justes qu’il était possible d’écrire pour vous rendre honneur ?

De 1940 à 1945, de 1958 à 1962, l’histoire de nos soldats de France aura été la même, celle du courage. Sachez ce matin que vous pouvez être fiers de votre engagement, fiers d’avoir représenté la France, fiers d’avoir participé à son histoire.

Que vous sortiez des tranchées, un matin, en 1918, que vous sautiez des avions le jour du débarquement, que vous courriez dans les rizières d’Indochine ou que vous vous cachiez derrière les dunes au-delà de la Méditerranée, vous étiez les mêmes, vous étiez la France.

Soyez fiers de qui vous étiez, comme nous le somme de vous, encore une fois, ce matin.

Vive la République et vive la France.

Stéphane Mirambeau
Maire de Villepreux
Mars 2019

 

 

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